Que devient la Banque
de France avec ses 13 000 employés ? Elle se fait oublier, depuis que
tout est géré par la BCE (Banque de la Communauté Européenne) et surtout depuis
qu’un rapport publié en mars 2005 mettait en avant un sur-effectif surqualifié
employé à des missions réduites et bénéficiant d’avantages statutaires odieux.
On pensait que cette institution bicentenaire n’existait plus, et bien non, le
Bitcoin l’a réveillé en décembre dernier. Il faut bien que ces messieurs se
montrent de temps en temps pour justifier leurs salaires et conserver leur
patrimoine de 288 immeubles pour la plupart somptueux. La Banque de France est
farouchement opposée à l’utilisation de la monnaie virtuelle en France alors
qu’aux USA et dans d’autres états, le Bitcoin est de plus en plus perçu comme
une opportunité.
Quelle économie
La monnaie numérique passe les frontières sans frais.
Rendez-vous compte aujourd’hui ce que coûtent les monnaies. Si les états
adoptaient des monnaies telles que le bitcoin, ce sont des coûts qui
disparaitraient tels que celui du fonctionnement du marché mondial des changes
(4.000 milliards de dollars échangés quotidiennement) ; celui de la fraude
fiscale (2.000 milliards de dollars par an pour l'Union européenne ; des frais
des banques ( gestion et tenue de compte) ; du coût des malversations sur les cartes
de crédit (450 millions d'euros pour la France seulement en 2012) et enfin, des
frais de fabrication, de gestion et de destruction de ces monnaies métalliques
ou de papier, sans oublier chèque, relevés de comptes, etc...
Si la monnaie
numérique est acceptée aux Etats-Unis, que peut faire la France ?
Rien du tout, notre pays ne rayonne plus comme au temps de
Louis XIV. Benjamin Lawsky est Super-intendent
des services financiers de l'Etat de New York. Il est connu pour avoir
notamment fait condamner une banque
britannique pour trafic de blanchiment d'argent avec l'Iran. Ce n’est pas un
type à prendre des décisions inconsidérées, pourtant Il a organisé une série de
consultations sur le Bitcoin en s’appuyant autant sur les détracteurs comme le
rapport de la Banque de France, mais aussi en auditionnant les partisans.
Il a rencontré des dizaines de professionnels
(entrepreneurs, capital-investisseurs, professeurs à Stanford et Princeton,
leaders sur cette nouvelle technologie), compulsé des milliers de pages de
documentation technique sur le bitcoin et sa conclusion est tombée la semaine
dernière : « Potential wonderful
benefits » (avantages potentiellement merveilleux). En indiquant que les
avantages des monnaies virtuelles dépassaient largement leurs inconvénients, il
a rajouté qu’il faut que tout le monde se mette vite au travail (régulateurs,
entrepreneurs et consommateurs) pour définir des règles. Et, a t-il rajouté :
« à New York et aux Etats-Unis en
particulier ».
La Banque de France
n’en veut pas
Face à cette révolution technologique, la France va t-elle
rester à l'écart du monde derrière sa ligne Maginot, ou chercher à comprendre
et en tirer tous les avantages.
La Banque de France n’en prend pas le chemin. Elle a
divulgué un rapport en décembre dernier sur lequel sur 6 pages, elle ne met en
avant que les mots « dangers »
(cité 19 fois), « risques » (cité 12 fois) et « absences de
garanties » (cité 9 fois) de cette monnaie. Ont-ils réellement étudié ce
qu’est le Bitcoin ? Certes non, à lire leur rapport, ils ont peur que les
monnaies virtuelles mettent à mal, voire fasse disparaitre leur institution.
Mais au fait, à quoi sert la Banque de France depuis que le
rôle de battre la monnaie a été transféré à Francfort. Quel est son rôle dans
notre République? Qui se pose quelquefois cette question, pour la Banque de
France, comme pour toute une série de "machins", Hautes Autorités et
autres commissions et Comités Théodule?
La Banque de France me parait plutôt une belle endormie
coûteuse. Elle et ses 13000 collaborateurs ronronnent tranquillement et font
surtout de la présence à prix d'or dans leurs vastes locaux, aux frais de la
collectivité.
Depuis 2005, la Cour des comptes réitère les mêmes demandes
mais sans succès, modération des salaires qui augmentent plus vite que dans la
fonction publique, non remplacement de deux partants à la retraite sur trois,
supprimer le recours à des prestataires externes en forte augmentation chaque
année. Réduction du nombre d’agences de
la Banque de France, forte réduction du budget des actions sociales et
culturelles pour le personnel.
L’avenir est
certainement aux monnaies numériques
Les monnaies numériques telles que le Bitcoin vont
révolutionner le monde tout comme internet et les emails dans les années 90.
Personne ne pouvait alors imaginer ce que deviendrait Internet et il en est de
même pour le bitcoin qui, en dehors d’être une monnaie, est surtout un
protocole sur lequel vont se greffer progressivement beaucoup d’innovations
dont nous n’avons même pas encore conscience.
Il faut que l’Union Européenne réagisse et ne se retrouve pas
à la traîne dans cette course. Les premiers états qui auront intégré les
monnaies numériques seront sans doute les principaux acteurs de demain.
La France montre encore une fois son manque d'esprit
d'entreprise (Merci à nos élites !).
Encadré :
Manipulation des changes : le dernier scandale en date
Le régulateur des services financiers de New York viennent
d’épingler une douzaine de banques sur des manipulations du marché des changes.
Parmi elles la Société Générale, la Deutsche Bank, Goldman Sachs, Barclays et
Crédit Suisse. Ces banques auraient manipuler les cours sur le marché des
changes (Foreign Exchange ou Forex) ces dernières années depuis la crise
financière de 2008. Ces manipulations se seraient concentrées principalement
sur les devises mineures scandinaves ou latino-américaines, plus facilement
manipulables et moins repérables que les principales parités (euro-dollar,
yen-dollar…). Ces banques auraient profité d’informations fournies par les
ordres d’achat/vente de clients pour s’enrichir eux-mêmes. Ils auraient donc
agi de connivence au mépris des lois de libre-concurrence, de la législation
anti-trust américaine et européenne.
Quand on vous dit qu’il faut avoir confiance dans les
banques. Affaire à suivre.
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