Je n’ai jamais
assisté de ma vie à un match de football et ne suis jamais allé dans un grand
stade, mais en ces temps de Coupe du monde de football et habitant le Brésil
depuis plusieurs années, il faut quand même que j’en dise deux mots. Dilma
Rousseff, la présidente brésilienne, a donné les pleins pouvoirs pendant un
mois à Sepp Blatter, le président de la FIFA. Comment en est-on arrivé à ce que
des associations sans but lucratif aux statuts d’amicales boulistes (CIO,
FIFA), imposent leurs lois aux pays hôtes des grandes compétitions sportives
comme la Coupe du Monde de football, dont le nom a été américanisé depuis
qu’elle a été organisée en 1994 aux Etats-Unis « World cup FIFA ». Que
ce soit la FIFA ou le CIO, ces associations, imposent des lois spéciales qui
leur permettent de quasiment gérer le pays dans lequel ont lieu les
compétitions. Elles brassent pourtant des fortunes et ne payent aucun impôt.
La FIFA comme le CIO sont des associations sans but lucratif,
basées, comme la plupart des fédérations sportives internationales, en Suisse,
bien que toutes les deux aient été créées en France au début du siècle dernier.
Elles sont protégées par les lois suisses et n’ont aucun compte à rendre et ne
payent aucun impôt. La FIFA emploie environ 300 personnes et aurait réalisé en
2012 un bénéfice de 89 millions de dollars. Ses réserves financières, sur
lesquelles elle n’est pas imposable du fait de son statut, s’élèveraient à
1,378 milliard de dollars. La FIFA est depuis quelques mois accusée de
corruption pour l’attribution des Coupes du monde 2018 et 2022 à la Russie et
au Qatar. Mais, le vrai scandale est surtout la manière dont elle conçoit
l’organisation en mettant sous sa coupe le pays organisateur.
Le Brésil aux ordres...
de la FIFA
Comme le disait Jérôme Valcke, secrétaire général de la
FIFA, « Je vais dire quelque chose de
fou, mais un moindre niveau de démocratie est parfois préférable pour organiser
une Coupe du monde. Quand on a un homme fort à la tête de l’État qui peut décider,
c’est plus facile pour nous les organisateurs. » L’organisation a imposé au
Brésil un régime d’exception draconien : exonérations fiscales pour la
FIFA et ses partenaires commerciaux, engagements sur la construction des stades
et des équipements sportifs pour les entrainements des équipes, liberté totale
sur l’exportation des devises et sur la conversion des devises, pas
d’obligations de visas pour le personnel lié à l’évènement, dérogations au droit du
travail, délimitation de zones commerciales exclusives pour les multinationales
sponsors, protégées par une police des marques, mise en place policière et
militaire à la charge de l’état au profit de la manifestation, ...etc.
La FIFA a imposé sa
loi au parlement brésilien
Une loi spéciale a été créée en mars 2012 juste pour la
durée de la compétition. La Fifa s’est donnée le droit de vendre des billets sans pratiquer
de demi-tarif pour les étudiants et les retraités, par exemple. Mais surtout,
elle a obtenu l'autorisation de vendre de l'alcool dans les stades (interdit
depuis 2003 dans les stades brésiliens) afin de satisfaire son partenaire
américain Budweiser. Mais ce n’est pas tout, une zone commerciale exclusive est
déployée dans un rayon de 2 kilomètres autour des stades, il est impossible
pour les boutiques situées dans ces périmètres de commercialiser des produits
autres que ceux des partenaires officiels (Mc do, Coca Cola, Budweiser, Visa). Cela concerne quelques 300.000 vendeurs qui sont
contraints de fermer boutique, s’ils n’acceptent pas les règles de la FIFA.
Grâce à cette « Lei Geral da Copa », la Fifa bénéficie
d'exonérations fiscales pour elle et ses sponsors et a obtenu la mise en place
de tribunaux d’exception, pourtant contraire à la constitution brésilienne,
comme elle l’avait obtenu en 2010 en Afrique du sud. Pour des raisons de
sécurité, les habitants vivant dans un rayon de 1 km autour du stade doivent
solliciter des accréditations pour rentrer chez eux. Cette restriction de la
liberté de circulation est-elle légale ?
De son côté, l'Etat fédéral brésilien se porte garant sur le
plan financier, notamment pour la construction et la rénovation des 12 stades,
du règlements des factures à la charge du contribuable brésilien.
Le gouvernement brésilien s’est mis à genoux devant la FIFA
et son sponsor Budweiser qui lui verse 25 millions de dollars par an de « pots
de bière » jusqu’en 2022. Enfin on est soulagé que la Coupe du monde ne
soit pas sponsorisée par la cocaïne et les marchands d’armes.
On comprend que les brésiliens pètent les plombs!
Non seulement la FIFA part avec la caisse, mais laisse derrière
elle... des lois qui risquent de perdurer.
La coupe du monde est
une façade
Depuis décembre 2008, les forces de polices militaires (UPP)
ont envahi les favelas de la zone sud de Rio. Médiatiquement, il s’agit d’une guerre contre les narco-trafiquants,
en réalité, il s’agit de chasser ses habitants pour laisser la place aux promoteurs immobiliers. Les favelas sont des collines au fort potentiel
touristique.
Derrière la FIFA et la coupe du monde, il y a la haute
finance (toujours les mêmes) et notamment les magnats de l’immobilier intéressés
par les terrains occupés par les favelas (bidonvilles). Les personnes qui ne connaissent pas le Brésil doivent
savoir que, contrairement à la France ou
les bidonvilles sont relégués en banlieue, ici au Brésil les favelas jouxtent
les quartiers les plus chics de Rio, Sao Paulo ou Salvador de bahia. Les
habitants les plus pauvres ont été attirés par les villes ou ils peuvent
trouver du travail et ils se sont installés sur des terrains très difficiles d’accès
et inconstructibles.
Le Brésil n’a pas mégoté pour accueillir le Mondial, 12
stades ont été rénovés ou sont sortis de terre ainsi que des travaux d’infrastructures,
notamment dans les transports, ont été réalisés. Pour faire ces travaux, les autorités
brésiliennes ont procédé à des expulsions forcées des favelas. Leur projet
initial était de nettoyer rien que 119 favelas à Rio de Janeiro avant la fin
2012. Cela fait les affaires des magnats
de l'immobilier, qui, dit-on, financent la police militaire (UPP) chargée de ce
nettoyage. Ici, la police tire avec des balles caoutchouc sur les manifestants, mais à balles réelles dans les favelas.
Les événements sportifs deviennent aujourd’hui le prétexte de vastes opérations qui
s’apparentent souvent à un nettoyage urbain, dont les plus pauvres se retrouvent
les victimes, comme à Sotchi, en Afrique du sud ou ici au Brésil, ou l’ONU
estime à 150.000 les familles qui ont été expulsées dans les villes qui abritent
le Mondial. Des violations directement liées aux exigences de la FIFA et du CIO,
qui selon le rapport du Centre for Housing Rights and Eviction (COHRE) auraient
entraînées, entre 1988 et 2008, l’expulsion directe ou indirecte de deux
millions de personnes, dont la moitié rien que pour les JO de Pékin.
La lutte contre les « narco-trafiquants »
a bon dos
Le Dr Socrates, ancien grand joueur de la sélection
brésilienne, avait déclaré dans une interview sur une grande chaine
brésilienne, peu de temps avant sa mort en 2011, que les Jeux olympiques et la
Coupe du monde étaient la plus grande blanchisserie d'argent sale provenant du
trafic de drogues et d'autres contrebandes. Tout cet argent n’étant pas taxé et
ses transferts non contrôles vers la Suisse permettent effectivement de se
poser des questions. Depuis décembre 2008, les forces de polices militaires (UPP)
ont envahi les favelas de la zone sud de Rio. Médiatiquement, il s’agit d’une
guerre contre les narco-trafiquants, en réalité, il s’agit de chasser ses
habitants pour laisser la place aux promoteurs immobiliers, car les favelas
sont des collines au fort potentiel touristique.
La coupe du monde au
Quatar aura t-elle lieu ?
Les Etats-Unis seraient-ils le plan B de la FIFA, après les
rumeurs d’annulation pour cause de corruption et de fortes températures,
certains médias avancent que la Coupe du monde 2022 serait transférée aux Etats-Unis.
La Fifa a une prédilection, ces dernières années, pour les pays émergeants pour
lesquels il semble plus facile d’imposer leur stratégie la Russie, les JO d’hiver 2014 et la Coupe du monde 2018
; la Chine les JO 2008, l’Afrique du Sud la Coupe du monde 2010, le Qatar la
Coupe du monde 2022. À quoi s’ajoutent les Jeux du Commonwealth organisés en
Inde en 2010. La Corée du Sud accueillera les JO d’hiver 2018 et le Japon les
JO d’été 2020. Mais, s’il y a un raté, les Etats-unis présentent de gros
avantages, les stades et les infrastructures sont déjà en place.
de machine à fric. Le
Brésil accueille la Coupe du monde 2014 et les JO 2016 ;
Je pense qu’il faut arrêter de fantasmer, le Mondial 2022
aura lieu au Quatar , ils achètent tout. Ils ont la F1, les tennismen vont tous
participer au tournoi ATP richement doté. En 2015, le championnat du monde de
Hand-ball se jouera au Quatar et personne ne s’offusque de tout cela.
La FIFA a réussi à introduire la bière de son sponsor
Budweiser au Quatar, pays ou l’alcool est interdit. Ils ne l’ont pas fait avec
des des pots de vins.......mais avec pots de coca !
Qui est derrière la
Fifa ?
La FIFA est une façade de sociétés et de banquiers qui
volent et cassent la souveraineté des pays qui accueillent la Coupe du Monde.
Ce n'est pas la Coupe au Brésil, mais la Coupe de la FIFA et cet événement sert
surtout à faire des milliards en allégements fiscaux.
Serait-ce pour aider la finance que Hollande avait de
nouveau relancé l'idée, il y a quelques mois, des jeux olympiques dans la
capitale française. Avec ce que l'on découvre sur ce que sont réellement ces
associations (soit-disant sans but lucratif) telles que la FIFA et le CIO, il
est clair que la France n'a pas besoin de cela dans l'état ou est son économie.
Heureusement, Hidalgo, la maire de Paris ne semble pas favorable. On se
rappelle que l'organisation des jeux olympiques à Athènes en 2004 qui devait
coûter 4 milliards d'euros ont atteint, en réalité les 20 milliards, et a été un
des facteurs qui ont mis la Grèce sur la paille.
Qui profite de tout cela? Les politiciens, les entrepreneurs
et des sociétés comme Coca-Cola, Visa, Mac do, Budweiser, toutes américaines et
toutes d'un pays ou le football est loin d'être le sport roi.
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