En 2012,
dans le bras de fer opposant la banque UBS à la justice américaine, les patrons
suisses avaient accepté de dénoncer leurs employés afin d’obtenir une peine
moins lourde. Tout dernièrement, JP Morgan Chase vient d’intenter un procès
contre deux de ses traders, le Français Julien Grout et l'Espagnol Javier
Martin-Artajo. Le mois dernier, un autre Français, ancien trader de Goldman
Sachs, Fabrice Tourre, a été jugé coupable au début du mois d'août de fraude
boursière à l'issue d'un procès très médiatisé à New York. C’est désormais
devenu une habitude, dès qu’ils constatent une chute de leurs chiffres, les
patrons des grandes banques impliquent leurs employés jusqu’à les mener devant les
tribunaux. Ils veulent les grosses rémunérations mais pas les responsabilités.
Jérôme Kerviel est entré en 2000 à la Société Générale et a été promu trader en 2005. Issu d’un milieu modeste, il n’est pas hyper diplomé, mais il a une certaine intuition qui lui font engranger de belles plus-values. Il est intégré au sein d’un pole de 6 traders au siège de la S.G. En 2007, on est en pleine crise des « subprimes » et la vigilance doit être de mise. La Société Générale, dirigée par l’énarque Daniel Bouton, est un empire de 120.000 employés à travers le monde et il est indispensable que chaque employé soit soumis à un système de contrôle, à fortiori les traders qui sont les postes parmi les plus sensibles. La banque affirme avoir limité les engagements des traders à 125 millions. En juin 2007 elle constate que le portefeuille du trader montre une perte de 2,2 milliards d'euros mais aucune réaction. J.K repasse en bénéfice et finit l’année avec un gain de 1,542 milliard d'euros (gain impossible à obtenir avec un plafond limité à 125.000 euros) Voir encadré Engrenage.
Jérôme Kerviel est entré en 2000 à la Société Générale et a été promu trader en 2005. Issu d’un milieu modeste, il n’est pas hyper diplomé, mais il a une certaine intuition qui lui font engranger de belles plus-values. Il est intégré au sein d’un pole de 6 traders au siège de la S.G. En 2007, on est en pleine crise des « subprimes » et la vigilance doit être de mise. La Société Générale, dirigée par l’énarque Daniel Bouton, est un empire de 120.000 employés à travers le monde et il est indispensable que chaque employé soit soumis à un système de contrôle, à fortiori les traders qui sont les postes parmi les plus sensibles. La banque affirme avoir limité les engagements des traders à 125 millions. En juin 2007 elle constate que le portefeuille du trader montre une perte de 2,2 milliards d'euros mais aucune réaction. J.K repasse en bénéfice et finit l’année avec un gain de 1,542 milliard d'euros (gain impossible à obtenir avec un plafond limité à 125.000 euros) Voir encadré Engrenage.
Première
interrogation : Pourquoi ne pas avoir lancé l’affaire quand la position de J.K
était à moins 2,2 Mds d’€ en juin 2007 ?
A fin 2007,
Jérôme Kerviel ne déclare qu’un bénéfice de 55 millions d’ euros (il cache un
bénéfice supplémentaire de 1,4 milliard d’euros, par des opérations fictives
inverses. Pris dans un engrenage (mais il ne vole rien) Il continue à cacher
ses gains en ce début 2008 et alors qu ‘il est en bénéfice le vendredi 18
janvier 2008, son portefeuille passe en négatif au moment de la clôture.
En quittant
son bureau ce soir là, il ne sait pas qu’il n’y remettra plus les pieds. Le
lundi 21 janvier 2008, il ne fait plus partie de la société. Entre temps, la
veille dimanche 20 janvier 2008, Daniel Bouton, PDG de la Société Générale,
alerte l’AMF (Autorité des Marchés Financiers) et la Banque de France.
Dès le lundi
21 janvier, la SG met en vente pour 60 milliards d’euros d’options (JK n’avait
utilisé que 50 Mds). Mais jouant de malchance avec la chute des places
financières en ce début de semaine, mais aussi peut- être à cause du gros
volume d’actions mis en vente en si peu de temps, la banque enregistre le 24
janvier une moins-value nette record de 6,3 milliards d'euros sur lesquels est
déduit son gain de 1,4 Mds de 2007 soit une perte de 4,9 Mds d’€ que l’on
impute à J.K.
Le jour
même, Daniel Bouton convoque la presse et annonce une perte record de 4,9
milliards d'euros qu'elle impute au trader Jérôme Kerviel. La banque est
contrainte de lancer d'urgence une augmentation de capital de 5,5 milliards
d'euros.
Le 25
janvier 2008, le 1er ministre réclame un rapport à Bercy qui confirme que « les
controles ont bien fonctionné, mais que la banque n’en a pas tenu compte et
notamment les alertes envoyées par le marché allemand Eurex ». En juillet
2008, la commission bancaire inflige à la Société générale un blâme et une
amende record de 4 millions d’euros. Elle remarque que les défaillances
relevées se sont poursuivies pendant une longue période, à savoir l'année 2007.
Jérôme
Kerviel est condamné en 2010 à payer la somme de 4,915 milliards de dommages et
intérêts à la Société Générale et à 5 ans de prison dont 3 ans ferme. Le
tribunal reconnait qu’Il n'a fait aucun enrichissement personnel.
Pour la
défense, compte tenu qu’il n’y a ni fraude ni escroquerie, les fautes
reprochées à J.Kerviel ne sont que des manquements à des directives internes de
la S.G. Il est clair que les pratiques étaient courantes et ont été tolérées,
ratifiées voire encouragées plusieurs fois par les supérieurs hiérarchiques.
Dans ce cas il ne s'agit pas de fautes pénales, mais de fautes professionnelles
sanctionnables par un licenciement. Certes, il a caché beaucoup de choses à sa
direction, mais cela ne méritait pas une peine aussi lourde.
Pourtant, un
mystère demeure, pour quelles raisons les 9 et 10 janvier 2008 et 4 jours avant
une chute sévère de l’action de la banque, un grand nombre d’actionnaires, dont
l’américain Robert A. Day qui est membre du conseil d'administration de la
banque depuis 2002, ont-ils cédé leurs titres (plainte pour délit d’initiés
déposée)? Prévoyait-on un problème « Kerviel » ou une chute liée aux « Subprime
» ? J.K devait sentir le vent tourner car il avait adressé le 18 janvier un
mail à un de ses collègues de bureau où il disait : « aujourd’hui, c’est mon
dernier jour »
Tout un
système
L’equipe des
traders, Ils sont au nombre de 6 sur la plateforme de la Société Générale. En
fin 2007 Jérome Kerviel a déclaré 55 millions d’euros (plus un bénéfice dissimulé
de 1,471 Mds d’€). Les autres traders de son desk ne rapportaient pas plus de 3
à 5 millions par an.
On apprend
au cours du procès Kerviel qu’en 1997, un trader de la SG avait pris des
positions hors limite, et les avait dissimulées par des écritures fictives.
Cela avait été découvert et le trader avait été licencié. Les systèmes de
contrôle de la banque moins performants avaient à l’époque pu détecter une
fraude modeste. Comment 10 ans plus tard, les contrôles améliorés n’ont pas
détecté les positions astronomiques de JK ! Plus fort encore, en juin 2007, les
opérations fictives sont utilisées par un 2ème trader, qui, lui, se suicide
après que ses pertes de 19 millions aient été découvertes. Une broutille, face
aux pertes de JK de 2,2 Mds au même moment!
En réalité,
on laisse faire car la hiérarchie est au courant et a confiance en lui. Depuis
le coup d’éclat de 2005 ( gain de 500.000 euros), JK jouissait d’une réputation
de trader hautement performant, qui enregistre des pertes, mais qui sait les rattraper.
Ainsi, s’il n’a pas été épinglé sur la perte de 2,6 milliards, début 2007 ni
sur celle de 2,2 milliards de juin 2007, ce n’est pas parce que ses supérieurs
ne l’ont pas vue, c’est parce qu’ils étaient persuadés qu’il rattraperait le
coup. D’ailleurs les faits leur ont donné raison : 1,4 milliards de gains de
gains à fin 2007 pour J.K. Et si la SG a subitement mis en cause J.K le 18
janvier 2008, c’est certainement pour une autre raison que la perte de ce
jour-là qui était... relativement minime.
L’engrenage
- La hiérarchie met en place une
limite de 125 millions d’euros (non validée par écrit et dépassée très
régulièrement).
- Janvier 2007, JK mise 850
millions d’euros, loin de la tolérance.
- Le 26 janvier 2007, le jour du
départ d’Alain Declerck responsable de J.K, la position de 850 millions
d’euros ressort avec une perte d’environ 15 millions d’euros.
- Un trader peut perdre en une
seule opération l’équivalent de son résultat annuel et n’a pas d’autre
choix que de cacher ou d’avouer sa faute à la hiérarchie et de se
soumettre à des sanctions, voire au licenciement.
Jérôme
Kerviel aurait pu alors tout avouer, perdre son job et quitter le monde de la
finance. Ne doutons pas qu’il s’en mord les doigts aujourd’hui.
- Mais dès le 30 janvier 2007 et
jusqu’au 15 février, il parie jusqu’à 2,6 milliards d’euros pour se
refaire d’une perte de 15 millions d’euros dans l’opération du 24-26
janvier.
- La date de ce franchissement
correspond avec le départ du manager Alain Declerck et avec la période
d’absence d’encadrement de Jérôme Kerviel, Éric Cordelle, entrant en poste
seulement en avril 2007.
- Soit Il faut absolument qu’il
regagne cet argent, soit il avoue ses pertes et perd ainsi son travail.
C’est l’engrenage.
- Il est pris au jeu.
- Le 27 février 2007, Jérôme
Kerviel reprend sa mise de 2,6 milliards d’euros. Son attente a payé, il
réalise un profit de 42,5 millions d’euros qui couvre ses pertes de
janvier. En deux mois seulement, il a réalisé un résultat de 28 millions
d’euros : 3 fois son objectif annuel.
- Il pourrait s’arrêter là.
Pourquoi ne pas officialiser ce résultat déjà exceptionnel ? Jérôme
Kerviel sait en fait qu’il ne peut pas avouer un tel résultat sans
expliquer la méthode « hors des clous » par laquelle il l’a obtenu.
- 10 mars 2007, 29 millions
d’euros de pertes. Retour à la case départ.
- Il faut se refaire. Jérôme
Kerviel a décroché de la réalité. Vers le 15 mars et jusqu’au 31 mars
2007, J.K mise jusqu’à 5,5 milliards d’euros et perd 87 millions d’euros.
- Le 30 juin 2007, sa mise
atteint 28 milliards d’euros, pour une perte de 2,2 milliards d’euros.
- A partir du 24 juillet 2007, la
crise des subprimes éclate, les marchés se retournent et Jérôme Kerviel
solde avec un gain net de 500 millions d’euros. Il vient de réaliser d’un
coup 50 fois ses objectifs annuels grâce à ses « écritures dissimulées ».
- Une fois son coup réussi, Il
dissimule de nouveau son résultat le 31 octobre 2007.
- Du 7 novembre au 10 décembre
2007, Jérôme Kerviel déboucle sa position, dégageant un gain d’environ 1
milliard d’euros.
- A la fin de l’année 2007, il a
un résultat annuel dissimulé de 1,471 milliards d’euros, en plus des 55
millions déclarés.
- 18 janvier 2008, alors qu’il
est en gain jusqu’à ce jour le marché se retourne et il finit en clôture
avec une perte estimée à 1,2Mds (Perte mise en doute par J.K et loin des
2,2 Mds de juin 2007)
L’affaire
Kerviel pourrait rebondir
En 2012,
suite à une 1ère plainte déposée par J.K pour escroquerie au jugement, mais
classée par le parquet, un document a été saisi au siège de la S.G au cours de
l’enquête préliminaire. Celui-ci décrit l’opération de revente des actifs entre
le 21 et le 24 janvier 2008 et montre que la S.G a utilisé aussi la méthode des
écritures fictives qu’elle a reproché à J.K et plus surprenant les ventes
d’actifs ont aussi concerné les positions de trois autres traders. La banque a
t’elle « charger le baudet » ?
La Société
Générale a obtenu en 2009 un crédit d’impôts d'1,69 milliards d’€ pour les
pertes imputées à J.K mais la banque a omis de le déduire de sa demande de
dommages et intérêts. Elle aurait dû demander 3,225 Mds et non 4,9 Mds. Le
crédit d’impôts est légal, si la banque n’est pas reconnue responsable du
déficit, or d’une part la commission bancaire avait sanctionné la banque dès
2008 pour ses défaillances et d’autre part, le remboursement a été accordé en
2009 alors que Jérôme Kerviel, n'a été jugé qu'en 2010. Il y a, de plus une
petite discordance dans les chiffres entre le bilan 2007 de la SG qui indique
une perte de 4,911 Mds alors que la perte sollicitée et obtenue au tribunal est
de 4,915 Mds. La SG aurait-elle eu l’aplomb de coller l’amende de 4 millions
d’euros de la commission bancaire sur J.K ?
On apprend
aussi que les opérations fictives dont Kerviel s'est rendu coupable étaient
monnaie courante à la Société Générale. Le rapport de la commission bancaire de
2008 a évoqué le cas de deux traders dont «la méthode de dissimulation était
donc analogue à l'une de celles utilisées au même moment par Jérôme Kerviel».
lors d'une
réunion du comité d'entreprise de la banque, du 28 mai 2010 un responsable du
CE dit à propos des écritures fictives « C'est totalement inacceptable. Avant
de montrer Kerviel du doigt, que la Société Générale montre qu'elle est propre
là dessus.»
Avec tous
ces nouveaux éléments, Jérôme Kerviel vient de déposer plainte pour escroquerie
au jugement le 10 juillet 2013 contre son ex-employeur.
Ce que j’en
pense
Jérôme
Kerviel est victime d’une injustice, il est le bouc émissaire, le coupable tout
trouvé par la banque. D’autre part, la justice a dysfonctionné en ne mettant
jamais en cause les affirmations mensongères de la banque. Tout le procès a été
conduit à charge contre le trader. Comment un tribunal peut aller au delà de la
réquisition du procureur (375.000 €) et accéder sans vérification à la demande
du plaignant (demande de la S.G : 4,9 milliards d’€)
Peut-on
imaginer la vie de J.K depuis 5 ans ? Il continue à se battre. Pourquoi
croyez-vous qu’il réclame l’expertise des données stockées à la SG, s’il savait
qu’on va y découvrir des preuves de sa propre culpabilité ?
C’est la
Société Générale, comme toutes les autres banques qui ont mis en place l’étau
dans lequel se retrouvent les traders et c’est donc l’instigateur du système
qui doit être condamné et non l’employé qui y est contraint, s’il veut garder
son emploi.
Je ne peux
m'empêcher d'avoir pitié pour ce jeune : 3 ans de prison et une somme à
rembourser telle que plusieurs vies n'y suffiraient pas. Quel sang a-t-il sur
les mains?
Capitaine
Enzo
Les cadeaux
à S G pour avoir pris des risques
la Société
Générale n’a pas tout perdu, elle annoncait dès fin janvier 2008 le
remboursement par Bercy d’1,69 milliard d'€, pour trop perçu d'impôt sur les
sociétés. Fin 2008, l'assureur American International Group (AIG) remboursa
environ 9 milliards d’€ à la banque. Le 12 décembre 2008, la Société générale
bénéficie d’un emprunt de l'État d’un montant de 1,7 milliard d'€ suivi d’un second
de 1,7 milliard d'€ le 28 mai 2009. La Société Générale, dès le 4 novembre
2009, rembourse l’intégralité du montant de deux emprunts, soit 3,4 milliard
d'euros, plus les intérêts.
Les
problèmes pleuvent aussi sur Bouton et la S.G
Manifestement
la direction de la SG a des problèmes en ce début d’année 2008, l'Autorité des
marchés financiers (AMF) enquête pour des délits d'initiés et informations
trompeuses. En novembre 2007, les actionnaires avaient recu une information
leur indiquant un bénéfice prévisionnel de 7 Mds d’€ pour 2007, or les
actionnaires s’estiment grugés après l’intégration de la perte de 4,9 Mds de
janvier 2008 sur l’exercice antérieur. D’autre part, il semblerait que la
direction de la SG avait eu vent de quelque chose quelques jours avant la perte
de Kerviel, toujours est-il que des nombreuses actions et notamment de Robert
A. Day un important administrateur de la banque sont vendues les 9 et 10
janvier 2008 soit 4 jours avant une nette chute des cours des titres de la
banque (-22 %). Il semble qu’un certain nombre de personnes étaient sinon au
courant des risques pris sur les marchés par le trader (Jérôme Kerviel) ou au
moins de la véritable perte liée aux subprime. (la plainte ne débouchera sur
aucune enquête judiciaire).
Une association
de petits porteurs dépose une plainte contre la S.G en mars 2009 et en mai 2010
et réclame à la banque 5 milliards d'euros pour avoir vendu à 2,8 millions
clients des titres pourris. Les conseillers clientèle incitaient les clients à
fermer leur livret A (placement sécurisé) contre les titres spéculatifs à
risques de Natixis. (en 2006 l’action est à 19,55 euros et tombe à moins d’1
euros en 2009).
Le 4 février
2008, débute à Paris le procès du Sentier II (blanchiment d'argent). Le 11
décembre 2008, le tribunal correctionnel de Paris relaxe la Société générale et
de quatre de ses dirigeants, dont le président Daniel Bouton.
Durant l’été
2011, le quotidien britannique Mail on Sunday (Daily Mail) publie un article
dans lequel il annonce la faillite imminente de la Société générale. Le journal
publie rapidement un démenti et des excuses. Malgré cela, la rumeur enfle
entraînant une chute du cours de la Société générale. Sur l'année 2011, la
valeur de la S.G a perdu 57,22 %.
La Société
Générale est visée en mai 2011 par une plainte pour fraude déposée par l'Agence
fédérale américaine de financement du logement (FHFA) qu'elle considère, avec
16 autres établissements financiers, comme responsable de la crise des
subprimes.
Daniel
Bouton n'a jamais fait l'objet d'une enquête externe, ni de la part de l'AMF au
titre d'un possible délit d'initié, ni de la part du Ministère de l'Économie ou
de l'AFB (Association Française des Banques).
Finalement
les pertes de la banque ont eu un effet bénéfique pour Daniel Bouton, il a pu
réaliser une plus-value de 1,3 million d'euros en moins de quatre mois, malgré
la chute du titre en Bourse, en revendant ses stock-options. Malgré la chute de
63,47 % de l'action de la Société générale, Daniel Bouton restait selon le
mensuel Capital le banquier le mieux payé de France. Les revenus annuels de
Daniel Bouton se seraient élevés en 2007 à 5,24 millions d'euros ! ! (le
salaire brut annuel 2007 de Jérome Kerviel est de 48.000 euros)
Le 9 mars
2009, il reçoit avec d'autres hauts dirigeants de la Société générale, un autre
lot de Stock option (1,71 millions d’euros), alors que la banque est aidée par
l'État. La ministre des Finances exige le renoncement à cette prime.
27 avril
2009, la SGAM-AI, un département de la filiale de gestion d’actifs de la
banque, Société Générale Asset Management subit une perte de 5 milliards
d’euros.
Historique
de l’affaire Kerviel
- 2006 et
2007. La société Générale avait déclenché 2 alertes en 2006 et 46 en 2007 sur
le trader Jérôme Kerviel sans réaction de la hiérarchie.
- Juin 2007
Perte de près de 2,2 milliards d'euros sur ses engagements. Toujours pas de
réaction de la hiérarchie.
- 31
décembre 2007 il finit avec un crédit de 1,5 milliard d'euros. Il en masque
l'importance par des écritures inverse. Selon la déclaration sous serment
devant le Tribunal, le responsable du back-office de la S.G a indiqué que « le
compte de J.K a perdu 1,513 milliard d’euros au premier semestre 2007 et
rapporté 3,058 milliards au second, soit un résultat annuel de 1,545 milliard
sur l’année ». Il a indiqué également : « Ces relevés mensuels de comptes
bancaires étaient envoyés au back-office de la Société générale et à toutes les
parties concernées, dont le management. Comment prétendre alors que la banque
ne savait pas ? »
- 18 janvier
2008 le solde devient négatif à la clôture de séance. J.K pense prendre une
décision à son retour le lundi matin.
- Le
dimanche 20 janvier 2008, Daniel Bouton alerte la Banque de France et l’Autorité
des marchées financiers.
- Le 21
janvier 2008 Jérome Kerviel n’est plus salarié de la SG.
- Du 21 au
24 janvier 2008, la SG revend pour 60 milliards d’options (JK n’avait utilisé
que 50 Mds), mais enregistre une moins-value nette record de 6,3 milliards
d'euros. Après soustraction des gains 2007 du trader de 1,4 milliard d'euros
qu'est apparu le montant d'une perte de 4,9 milliards d'euros.
- Le 24
janvier 2008, la Société générale publie ses résultats et annonçe une perte
record de 4,9 milliards d'euros qu'elle impute au trader Jérôme Kerviel. La
banque est contrainte de lancer d'urgence une augmentation de capital de 5,5
milliards d'euros.
- Le 28
janvier 2008, Jérôme Kerviel est mis en examen à l'issue de sa garde à vue. Il
est laissé en liberté sous contrôle judiciaire.
- Le 8
février 2008, après appel du parquet, la cour d'appel de Paris place Jérôme
Kerviel en détention provisoire. Il sera libéré sous contrôle judiciaire le 18
mars 2008.
- Le 17
avril 2008, Frédéric Oudéa est nommé directeur général de la Société générale,
Daniel Bouton reste président malgré les pressions du gouvernement.
- Le 4
juillet 2008, la Commission bancaire inflige un blâme et une amende de 4
millions d'euros à la S.G en raison des carences du système de contrôle interne.
- Le 20 mars
2009, Nicolas Sarkozy et le monde syndical s'indignent de l'octroi de
stock-options à quatre dirigeants de la S.G, alors que la banque a reçu 1,7
milliards d'euros d'aide de l'Etat.
- Le 27
avril 2009, la presse évoque des pertes de 5 à 10 milliards d'euros dans le
portefeuille de l'une de ses filiales de gestion d'actifs(SGAM-AI).
- Le 29
avril 2009, Daniel Bouton, le président de la S.G, démissionne de ses fonctions
pour mettre fin aux pressions et aux attaques dont il se dit victime depuis
l'affaire Kerviel.
- Le 6 mai
2009, Frédéric Oudéa, le directeur général, est désigné Président de la S.G
pour succéder à Daniel Bouton.
- Le 7 mai
2009, la Société Générale annonçe une perte de 278 millions d'euros au premier
trimestre 2009. La banque sollicite une 2ème aide de 1,7 milliard d'euros de
l'Etat.
- Le 6 août
2009, soupçonné de délit d'initié par l'Autorité des marchés financiers (AMF),
Jean-Pierre Mustier, à la tête de la banque de financement et d'investissement,
démissionne de la S.G.
- Le 31 août
2009, les juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset renvoient Jérôme
Kerviel devant le tribunal correctionnel.
- Le 18
février 2010, la Société générale publie un bénéfice net de 678 millions
d'euros pour l'exercice 2009. Sanctionné par le marché, le titre perd 7,20 % à
la Bourse de Paris.
- Le 8 juin
2010. Jérôme Kerviel est poursuivi pour « faux, usage de faux, abus de
confiance, introduction frauduleuse de données dans un système informatique »
et encourt jusqu'à cinq ans de prison et 375 000 euros d'amende.
- Le 5
octobre 2010 Jérôme Kerviel est condamné à verser la somme de 4 915 610 154
euros de dommages et intérêts à la Société générale et est condamné à 5 ans de
prison dont 3 fermes. Le jugement dédouane la Société Générale de toute
responsabilité.
- Le 24
octobre 2012, la Cour d'appel de Paris confirme en tous points le jugement de
première instance.
- Le 12
février 2013, Jérome Kerviel saisit les prud'hommes pour demander une expertise
sur les pertes qui lui sont imputées par la Société générale, mais il est
débouté le 3 juillet 2013.
- Le 10
juillet 2013, Jérome Kerviel dépose plainte contre la Société Générale pour
escroquerie au jugement.

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