Ce qui est étonnant quand
on vient de France et qu’on arrive au Brésil dans l’état de Bahia où je vis,
c’est la prolifération de la faune et des insectes, encore que beaucoup aient disparu
à cause de la chasse faite notamment aux tatous et aux tamanoirs. On y voit
tous les jours des espèces oubliées en Europe depuis des décennies comme des
crapeaux, des multitudes d’oiseaux de toutes les couleurs et de toutes tailles
( chouettes, vautours, colibris, petits perroquets), et parfois des tatous, des
chevreuils, des renards gris. Mais la grande différence avec la France c’est la
multitude de papillons et d’insectes. Vous pouvez retrouver certains soirs
votre terrasse tapissée de milliers de hannetons. Dans ma fazenda, nous avons hébergé
pendant un an une belle chouette effraie toute blanche et près de la maison vit
toujours depuis quelques années une famille de chouettes qui a squatté un
ancien terrier de tatou. Il y a aussi quelques chauve-souris vampires dans les
hangars qui sortent la nuit pour s’en prendre au bétail ou aux chevaux. Ici il
n’est pas rare de rencontrer au hasard d’une promenade des serpents (j’ai
croisé il y a quelques semaines un boa constrictor d’environ 4 mètres) mais surtout
des centaines de cailles. Bref pour un pays pollué par les OGM (le Mato grosso et
son soja OGM sont à 2000 kms de chez moi), comme nous expliquent les médias
français, le Brésil est un peu comme dans les années 50/60 en France quand il y
avait des hirondelles, des coquelicots, ... enfin toute cette faune et cette
flore qui a disparu. Il y a la déforestation en Amazonie, mais la France était
couverte en totalité de forêts au moyen-âge. Les français critiquent le
laisser-aller des brésiliens en Amazonie sans savoir que sur une surface grande
comme 10 fois la France, il n’y a qu’une seule voie de communication, le fleuve
Amazone. La France fait-elle mieux en Guyane (sur une surface 65 fois plus
petite que l’Amazonie) quand il s’agit de chasser les orpailleurs qui polluent
au mercure. Non, la pollution est
partout, y compris en France, et à commencer dans votre assiette. Les français pensent
sauver la planète parce qu’ils ferment leur robinet, achètent des voitures
vertes, mais en même temps ils emmènent leurs enfants au MacDo et achètent des
plats surgelés à base de produits génétiquement modifiés parce qu’ils « n’ont
pas le temps de cuisiner ». La firme Monsanto (qui veut dire mon saint) est prospère
parce que les gens achètent ses produits.
En 2012, aux Etats-Unis, les ruches d’un célèbre
naturaliste, Terrence Ingram qui travaillait sur le comportement des abeilles
par rapport au Roundup (produit par Monsanto), ont été saisies par le ministère
de l’agriculture de l’Illinois. Après plusieurs années de sélection génétique, il
avait obtenu que 3 ruches et leurs reines résistent plus d’un an, malgré les
épandages de RoundUp dans la zone ou les abeilles récoltent le pollen. Les
inspecteurs ont débarqué à l’improviste , ont saisi les 3 ruches en question et
ont tué les reines de deux autres ruches. La raison invoquée par les
inspecteurs était qu’elles étaient infestées par la loque. Saisi, le tribunal a
donné raison à Terrence Ingram, mais trop tard les ruches avaient, soit disant,
été détruites.
Un scientifique qui
génait Monsanto
Cette descente des inspecteurs du ministère de l’agriculture
a sans doute été commanditée par Monsanto.
En tout cas c’est ce que pense Terrence Ingram qui est persuadé que les
3 ruches n’ont pas été détruites, mais volées par l’administration pour le
compte de la firme américaine Monsanto qui, depuis peu, s’intéresse aux
abeilles. Terrence Ingram travaillait sur les effets de l’herbicide créé par Monsanto.
« Il est certain que le RoundUp tue mes
abeilles : en 1996, mes 250 ruches ont été exposées au RoundUp et toutes sont
mortes. Depuis, chaque année, je rachète des essaims, chaque année le RoundUp
est répandu, et chaque année ils meurent... » Après une sélection, il
a réussi à développer des abeilles résistantes à l’herbicide. Comment Monsanto
pourrait se désintéresser de cette expérience, alors que justement dans le même
temps, cette société vient de racheter Beeologics dont l’activité est la
préservation des abeilles. La firme américaine a même organisé un « sommet sur
la santé des abeilles » à son siège de Chesterfield.
Monsanto veut
contrôler le business des abeilles
Aux Etats-unis les apiculteurs s'inquiètent de la politique
du géant des OGM qu'ils considèrent comme un des principaux responsables de la
destruction des colonies d'abeilles. Après les semences, les pesticides, les
engrais... voilà que Monsanto s’intéresse à la pollinisation , et plus
précisément, aux abeilles. Monsanto s’intéresse à la mauvaise santé des
abeilles, et explique vouloir les sauver à coup de recherche génétique. C'est
peut-être pour cette raison que les 3 ruches de Terrence Ingram les intéressait.
Ses recherches semblaient plus avancées que celle de sa filiale Beeologics.
Beeologics espère commercialiser un produit qui rendrait les abeilles
résistantes au varroa, l’un de leurs parasites les plus destructeurs et contre
lequel les apiculteurs sont démunis. Ce marché des traitements pour abeilles
est sans doute minuscule comparé à celui des semences ou des pesticides, mais
cela permet au moins à Monsanto de s’acheter une image auprès du grand public.
En effet, depuis la fin des années 1990 les essaims semblent victimes d’un mal
mystérieux, 30 % des ruches meurent chaque année, sans explication apparente,
alors que la mortalité normale est autour de 10 %.
Le « sommet sur la santé des abeilles » organisé à
Chesterfield par Monsanto ressemblait à une belle opération d’enfumage et
notamment pour faire oublier que les pesticides sont les principaux
responsables de la disparition des abeilles. Monsanto tente de faire croire qu’ils
ne présentent qu’un problème mineur et que c’est le varroa destructor, ce
parasite des abeilles, qui serait la menace la plus sérieuse.
En réalité, les abeilles dérangent, car elles posent la question de la qualité de l’environnement.
Elles sont des lanceurs d’alerte et ont été les premières touchées par les
pesticides. »
L’importance des
abeilles dans le monde
80% des plantes à fleurs sont pollinisées par des animaux et
les abeilles sont considérées comme les meilleurs pollinisateurs. 30% de ce que
nous mangeons est dans nos assiettes grâce aux abeilles. Sans elles, pas de
confiture, ni de jus d'orange, ni de café. Certes la pollinisation se fait
aussi avec le vent, mais sans les abeilles les rendements seraient moindres.
Sur les contreforts de l'Himalaya, les abeilles sauvages qui pollinisaient les
pommiers ont disparu, alors les Chinois sont obligés de le faire eux-mêmes avec
un plumeau. Des essais ont été faits pour polliniser des amandiers avec les
pales d'un hélicoptère, mais ça a été un échec. Voilà une idée que pourrait
reprendre notre président Culbuto : lorsque qu’il pleut, nos politiques
sont accompagnés de fonctionnaires porte-parapluie. Quand il ne pleut pas, en
les équipant d'un plumeau... ils pourraient servir à polliniser la France. On
pourrait même embaucher.
Une étude faites par la Commission Européenne sur 17 pays a montré
que 84% des végétaux cultivés n'étaient plus pollinisés. Cette étude, qui a
constaté des mortalités différentes selon les pays (33% pour la Belgique, 28,7%
pour la Suède, 14% pour la France. En Grèce, en Italie, en Espagne, les pertes
sont inférieures à 10%.) s'est penchée aussi sur les causes de la recrudescence
du varroa, de la loque, etc..., mais ne s'est bizarrement pas intéressée à la
présence de pesticides. Ils sont pourtant considérés comme responsables de
l'affaiblissement des colonies et de nombreuses disparitions.
Le vrai danger, ce
sont les néonicotinoides
Les apiculteurs ont remarqué que l’apparition de la
mortalité importante des colonies d'abeilles coïncide étrangement avec la mise
sur le marché d’une nouvelle classe de pesticides à partir des années 1990 :
les néonicotinoides. Ils sont produits par Bayer ou Syngenta (par ailleurs
producteurs, eux aussi, de semences transgéniques). La firme Monsanto n'en
produit pas, mais elle en enrobe ses
semences, notamment celles de maïs OGM.
Les néonicotinoides attaquent le système nerveux central des
insectes. Chez les abeilles, une étude a ainsi montré, qu'elles sont
désorientées et ne retrouvent plus la ruche.
Comment le maïs OGM
tue les abeilles
Avant, il y avait les
plantes alimentaires et les plantes qui repoussent les insectes (par exemple le
Neem ou les soucis). On ne mangeait pas ces plantes insecticides, mais on les
cultivait pour écarter les nuisibles.
Avec les OGM tout change : une toxine insecticide se reproduit
dans l’aliment et agit de l’intérieur. La culture tue les insectes car la
plante alimentaire est devenu insecticide. Reste à savoir si, à force d'en
ingurgiter, notre corps peut y résister.
Le crime serait presque parfait. Les abeilles cherchent le
pollen lourd et nourrissant des plantes mellifères et le mais OGM en produit en
plus grande quantité. Seulement, voilà, on ne peut pas prouver que le maïs insecticide
Mon 810 tue les abeilles, car à l'analyse du miel, il n'y a aucune différence
par rapport à du pollen de mais organique.
Le miel est propre mais la preuve du crime, c’est le cadavre
de l’abeille. Allez le découvrir dans un
rayon de 10 km…
OGM ou mutant?
Trois laboratoires de biologie moléculaire, en Espagne, en
Inde et en Italie, ont vérifié le génome du maïs Mon 810 de Monsanto et ils ont
découvert que sa description ne correspondait plus au produit. L'ADN a bougé ! Ils ont trouvé notamment un gène plutôt
ennuyeux, le NPTII, qui résiste à 2 antibiotiques (kanamycine et néomycine), et
qui ne figurait pas dans la carte génétique soumise aux autorités. Comment est-il
venu ? Mystère. Cela pose la question du transfert d’ADN, d‘espèce à espèce.
Un scientifique de l’université d'Iéna en Allemagne, en
élevant des larves d’abeilles sur du pollen OGM aurait retrouvé le transgène
(transféré de la plante) parmi les bactéries de leur tube digestif. Rencontrant
un journaliste, celui-ci lui annonça que la publication de sa découverte serait
refusée. Le journaliste tenait l'information de Monsanto qui l’avait su avant
le chercheur !
Monsanto se met au
bio
Le bio aiguise l'appétit de Monsanto et de ses amis.
L'allemand Bayer vient d'acquérir l'américain AgraQuest, spécialiste des
pesticides biologiques et BASF a acheté Becker Underwood, qui produit et vend
des technologies de semences enrobées de micro-organismes. Le suisse Syngenta
est présent depuis 25 ans sur ces
produits avec Bioline. Quant à l'américain Monsanto, il vient de s'allier au
danois Novozymes, numéro 1 mondial des enzymes alimentaires et industriels.
Les grands de l'agrochimie comme Monsanto s'intéressent de
plus en plus aux solutions de lutte biologique sous le regard inquiet du
ministre de l'Agriculture (Le foll) qui veut préserver le savoir-faire français
dans ce domaine. En effet, les acteurs français du bio sont convoités par les
grosses sociétés étrangères. On a vu Monsanto racheter des sociétés pour les
couler, disent certains spécialistes. Le biocontrôle en France manque
cruellement de moyen pour sortir des produits efficaces et homologués.
L'arrivée de ces géants inquiète Stéphane Le Foll. Et comme
tout bon socialo, il croit au père noël : "Face aux géants de la chimie,
il faut qu'on crée des géants du biocontrôle". Il n'a pas encore compris,
comme son patron Culbuto, que la France est paralysée parce que les entreprises
se heurtent à des forteresses administratives et fiscales.
Il n'a pas compris non plus que ce qui intéresse ces géants
de l'agro-industrie, ce sont les brevets car la fabrication se fera ailleurs,
là ou les salaires sont plus bas. Ou peut- être, ils veulent juste les brevets
pour arrêter toute production bio et continuer à empoisonner les populations .
Non l'ambition, c'est tout le monde chez Macdo.
On retrouve toujours
les mêmes
Avec Bill Gates et Rockefeller, les fabricants de biotechnologie
(Monsanto, DuPont, Dow, Syngenta,...), financent un projet en Afrique pour diffuser
leur OGM. De nombreuses semences OGM contiennent des composés hautement
toxiques de glyphosate, qui, cela a été
démontré, sont dangereux pour les
humains et les animaux. Des tests ont montré que d'infimes quantités de ces composés
produisent des anticorps contre les spermatozoïdes (Voir : ON EST BIENDANS LA MEEEEEEEEEEEEEERDE ! ). De cette façon, ils ont produit en réalité un
contraceptif caché. De là à appliquer cette technique à d’autres semences, riz,
mil, sorgho, pomme de terre, etc... et le tour est joué. Et ce maïs modifié
génétiquement est fourni aux populations affamées du Tiers Monde, grâce à la
générosité des fondations Gates, Rockefeller et de l'AGRA de Kofi Annan. Voilà
encore une idée de ces esprits détraqués par le fric...
Monsanto, les fondations Gates, Rockfeller et Syngenta ont
construit une banque des semences, dans l’archipel norvégien de Svalbard dans
l’océan arctique. Ils ont prévu d’y stocker jusqu’à trois millions de variétés
de semences bio provenant du monde entier. A la première catastrophe climatique
ou grosse pénurie, ils pourront les vendre très cher aux agriculteurs. Et puis,
s’il y a pénurie, il sera facile de
produire des semences transgéniques. Monopole, pouvoir, argent.
Faut-il interdire
Monsanto ?
L’industrie agro-alimentaire vient de réaliser soudain que
sans les abeilles qui pollinisent les fleurs, les plantes, OGM ou non auront un
rendement faible. Du coup, Monsanto en profite pour essayer de se refaire une
image "d'amis de la nature". Le site Internet de Beeologic (désormais
filiale de Monsanto) ne parle pas du tout de l'usage des néonicotinoïdes
pourtant le plus grand responsable de la surmortalité des abeilles.
Monsanto vend ses produits parce que les gens en consomment,
leur but est juste de faire du fric. Les agriculteurs en achètent parce que les
consommateurs achètent des fruits et légumes chimiques. Mais personne n'est prêt
à ne plus acheter ces fruits.
Que faut-il faire ? interdire Monsanto en France et en
Europe. Derrière Monsanto, il y a Rockfeller et nos politiques ne prendront pas
le risque de désobéir.
Et pour mieux se faire accepter Monsanto (le loup) a décidé
de se déguiser en agneau.

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