8 févr. 2014

Faut-il supprimer la Banque de France ?


Que devient la Banque de France avec ses 13 000 employés ? Elle se fait oublier, depuis que tout est géré par la BCE (Banque de la Communauté Européenne) et surtout depuis qu’un rapport publié en mars 2005 mettait en avant un sur-effectif surqualifié employé à des missions réduites et bénéficiant d’avantages statutaires odieux. On pensait que cette institution bicentenaire n’existait plus, et bien non, le Bitcoin l’a réveillé en décembre dernier. Il faut bien que ces messieurs se montrent de temps en temps pour justifier leurs salaires et conserver leur patrimoine de 288 immeubles pour la plupart somptueux. La Banque de France est farouchement opposée à l’utilisation de la monnaie virtuelle en France alors qu’aux USA et dans d’autres états, le Bitcoin est de plus en plus perçu comme une opportunité.

 Les américains ont trés vite compris les nombreux avantages du Bitcoin (Voir : LeBit-quoi ? Le Bitcoin). Cet outil technologique, au même titre que l’email a révolutionné l’envoi de courrier, va bouleverser les transferts d’argent dans le monde. A tel point que les américains disent aujourd’hui  « In bitcoin we trust ». La monnaie numérique, contrairement aux billets de banque, est traçable d'un bout à l'autre de la chaîne des paiements : elle est infalsifiable et impossible à voler. Elle n'a pas besoin de banques centrales,  ni d'intermédiaires financiers à payer grassement pour exister. Et c’est bien ce qui gêne notre antique « Banque de France » qui pourrait bien disparaitre si les crypto-monnaies remplaçaient nos vieilles monnaies nationales.

Quelle économie
La monnaie numérique passe les frontières sans frais. Rendez-vous compte aujourd’hui ce que coûtent les monnaies. Si les états adoptaient des monnaies telles que le bitcoin, ce sont des coûts qui disparaitraient tels que celui du fonctionnement du marché mondial des changes (4.000 milliards de dollars échangés quotidiennement) ; celui de la fraude fiscale (2.000 milliards de dollars par an pour l'Union européenne ; des frais des banques ( gestion et tenue de compte) ; du coût des malversations sur les cartes de crédit (450 millions d'euros pour la France seulement en 2012) et enfin, des frais de fabrication, de gestion et de destruction de ces monnaies métalliques ou de papier, sans oublier chèque, relevés de comptes, etc...

 
Si la monnaie numérique est acceptée aux Etats-Unis, que peut faire la France ?
Rien du tout, notre pays ne rayonne plus comme au temps de Louis XIV.  Benjamin Lawsky est Super-intendent des services financiers de l'Etat de New York. Il est connu pour avoir notamment fait condamner une  banque britannique pour trafic de blanchiment d'argent avec l'Iran. Ce n’est pas un type à prendre des décisions inconsidérées, pourtant Il a organisé une série de consultations sur le Bitcoin en s’appuyant autant sur les détracteurs comme le rapport de la Banque de France, mais aussi en auditionnant les partisans.

Il a rencontré des dizaines de professionnels (entrepreneurs, capital-investisseurs, professeurs à Stanford et Princeton, leaders sur cette nouvelle technologie), compulsé des milliers de pages de documentation technique sur le bitcoin et sa conclusion est tombée la semaine dernière : « Potential wonderful benefits » (avantages potentiellement merveilleux). En indiquant que les avantages des monnaies virtuelles dépassaient largement leurs inconvénients, il a rajouté qu’il faut que tout le monde se mette vite au travail (régulateurs, entrepreneurs et consommateurs) pour définir des règles. Et, a t-il rajouté : «  à New York et aux Etats-Unis en particulier ».

La Banque de France n’en veut pas
Face à cette révolution technologique, la France va t-elle rester à l'écart du monde derrière sa ligne Maginot, ou chercher à comprendre et en tirer tous les avantages.

La Banque de France n’en prend pas le chemin. Elle a divulgué un rapport en décembre dernier sur lequel sur 6 pages, elle ne met en avant que les mots  « dangers » (cité 19 fois), « risques » (cité 12 fois) et « absences de garanties » (cité 9 fois) de cette monnaie. Ont-ils réellement étudié ce qu’est le Bitcoin ? Certes non, à lire leur rapport, ils ont peur que les monnaies virtuelles mettent à mal, voire fasse disparaitre leur institution.
Mais au fait, à quoi sert la Banque de France depuis que le rôle de battre la monnaie a été transféré à Francfort. Quel est son rôle dans notre République? Qui se pose quelquefois cette question, pour la Banque de France, comme pour toute une série de "machins", Hautes Autorités et autres commissions et Comités Théodule?

La Banque de France me parait plutôt une belle endormie coûteuse. Elle et ses 13000 collaborateurs ronronnent tranquillement et font surtout de la présence à prix d'or dans leurs vastes locaux, aux frais de la collectivité.
Depuis 2005, la Cour des comptes réitère les mêmes demandes mais sans succès, modération des salaires qui augmentent plus vite que dans la fonction publique, non remplacement de deux partants à la retraite sur trois, supprimer le recours à des prestataires externes en forte augmentation chaque année. Réduction du nombre  d’agences de la Banque de France, forte réduction du budget des actions sociales et culturelles pour le personnel.

L’avenir est certainement aux monnaies numériques
Les monnaies numériques telles que le Bitcoin vont révolutionner le monde tout comme internet et les emails dans les années 90. Personne ne pouvait alors imaginer ce que deviendrait Internet et il en est de même pour le bitcoin qui, en dehors d’être une monnaie, est surtout un protocole sur lequel vont se greffer progressivement beaucoup d’innovations dont nous n’avons même pas encore conscience.

Il faut que l’Union Européenne réagisse et ne se retrouve pas à la traîne dans cette course. Les premiers états qui auront intégré les monnaies numériques seront sans doute les principaux acteurs de demain.
La France montre encore une fois son manque d'esprit d'entreprise (Merci à nos élites !).

 
Encadré :

Manipulation des changes : le dernier scandale en date

 
Le régulateur des services financiers de New York viennent d’épingler une douzaine de banques sur des manipulations du marché des changes. Parmi elles la Société Générale, la Deutsche Bank, Goldman Sachs, Barclays et Crédit Suisse. Ces banques auraient manipuler les cours sur le marché des changes (Foreign Exchange ou Forex) ces dernières années depuis la crise financière de 2008. Ces manipulations se seraient concentrées principalement sur les devises mineures scandinaves ou latino-américaines, plus facilement manipulables et moins repérables que les principales parités (euro-dollar, yen-dollar…). Ces banques auraient profité d’informations fournies par les ordres d’achat/vente de clients pour s’enrichir eux-mêmes. Ils auraient donc agi de connivence au mépris des lois de libre-concurrence, de la législation anti-trust américaine et européenne.

Quand on vous dit qu’il faut avoir confiance dans les banques. Affaire à suivre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire